Le Conseil de l’Europe donne son feu vert à l’Itinéraire Européen des Jardins historiques

Ce projet a vu le jour sur l’initiative de Lloret de Mar, point de départ de l’association Itinéraire Européen des Jardins Historiques, qui rassemble 16 organismes publics et privés ainsi que 6 institutions académiques et professionnelles, lesquels représentent un total de 31 jardins et parcs de toute l’Europe qui accueillent plus de 14 millions de visiteurs par an

L’initiative voit le jour à un moment clé de l’épidémie où les activités nature et culture en plein air sont considérées comme la grande alternative de loisirs sûrs

L’Itinéraire Européen des Jardins Historiques est désormais une route européenne officiellement certifiée par le Conseil de l’Europe. Cet organisme a souligné la valeur historique, artistique et sociale des jardins membres, la valeur transfrontalière reflétée par l’identité des pays et régions européennes au fil des siècles, ainsi que leur objectif commun d’améliorer la qualité de vie et le paysage. Actuellement, il n’existe que 40 Itinéraires culturels certifiés par le Conseil de l’Europe, comme par exemple le Chemin de Saint-Jacques de Compostelle, la Route des Vikings, les Voies européennes de Mozart et la Route des Impressionnismes.

Cette initiative est née en 2016 sous l’impulsion de la Mairie de Lloret de Mar (avec les Jardins de Santa Clotilde) et avec la collaboration de la Mairie d’Aranjuez et du laboratoire du Département du Patrimoine et Tourisme Culturel de l’Université de Barcelone, qui a proposé l’idée de rassembler les différents parcs et jardins les plus emblématiques afin d’en renforcer la connaissance et de partager des expériences et des éléments d’innovation.

En chiffres, ces parcs et jardins accueillent annuellement plus de 14 millions de visiteurs, dont 1,5 millions participent aux plus de 500 activités proposées (événements, activités liées à la recherche, à l’éducation, à la culture et à la société) au sein de ces espaces. Les revenus générés par ces sites s’élèvent à plus de 60 millions d’euros par an.

«Le programme des Itinéraires Culturels, lancé par le Conseil de l’Europe en 1987, démontre de manière visible, à travers un voyage à travers l’espace et le temps, comment le patrimoine des différents pays et cultures d’Europe représente un patrimoine culturel commun. Les Itinéraires culturels mettent en pratique les valeurs fondamentales du Conseil de l’Europe: droits de l’homme, démocratie culturelle, diversité et identité culturelles, dialogue, échanges mutuels et enrichissements à travers les frontières et les siècles. En 2020, il existe 40 itinéraires culturels certifiés du Conseil de l’Europe (www.coe.int/routes) ».

Objectifs de l’association

L’Itinéraire des Jardins Historiques est une association sans but lucratif dont l’objectif est de rassembler le plus grand nombre possible d’organismes chargés de la gestion de Jardins historiques d’Europe en vue de diffuser et de promouvoir une offre culturelle et touristique de qualité ainsi que de contribuer au développement des territoires qui hébergent lesdits jardins.

Les jardins membres de ce réseau sont les suivants :


Allemagne

  • Jardins Herrenhausen, Hanovre


Espagne

  • Jardins de Santa Clotilde, Lloret de Mar
  • Parc Samà, Cambrils
  • Domaine Raixa, Palma de Majorque
  • Jardins du Real Sitio de Aranjuez, Aranjuez, Madrid
  • Jardins de l’Alhambra et Generalife, Grenade


Géorgie

  • Jardin botanique Batumi, Batumi
  • Jardin botanique national de Géorgie, Tbilissi
  • Tsinandali Musée et Jardin, Kakhétie


Italie

  • Jardin historique de Garzoni, Collodi, Pescia
  • Jardin historique Boboli, Florence
  • Musée historique et Parc du Château de Miramare, Trieste
  • Parc royal de Caserta, Caserta
  • Villa d’Este – Istituto Villa Adriana e Villa d’Este- Villae, Tivoli


Pologne

  • Musée du Palais du Roi Jan III, Wilanów, Varsovie
  • Jardins du Château royal de Varsovie, Varsovie


Portugal

  • Jardins du Domaine Avelada, Penafiel
  • Jardin botanique de Lisbonne
  • Jardin botanique Tropical de Lisbonne
  • Parc Serralves, Porto
  • Jardin botanique d’Ajuda, Lisbonne
  • Parc de Pena, Sintra
  • Forêt de Bussaco, Lusso
  • Jardins de la Fondation Gulbenkian, Lisbonne
  • Jardin du Palace de Fronteira, Lisbonne
  • Jardins du domaine Brejoeira, Pinheiros
  • Jardin botanique José do Canto, Lisbonne
  • Jardins de la Quinta das Lágrimas, Açores
  • Jardins du Palais National Queluz, Sintra
  • Parc Terra Nostra, Açores
  • Parc de Monserrate, Sintra

 

Qu’est-ce qu’un jardin historique ?

La Charte de Florence de 1981, approuvée par ICOMOS en 1982, définit un jardin historique en tant que « composition architecturale et végétale qui, du point de vue de l’histoire ou de l’art, présente un intérêt public. Comme tel, il est considéré́ comme un monument. Le jardin est une composition d’architecture dont le matériau est principalement végétal, donc vivant, et comme tel périssable et renouvelable. Son aspect résulte ainsi d’un perpétuel équilibre entre le mouvement cyclique des saisons, du développement et du dépérissement de la nature, et de la volonté́ d’art et d’artifice qui tend à̀ en pérenniser l’état ».

L’origine des jardins historiques va généralement de pair avec l’initiative d’une grande fortune privée de la haute bourgeoisie ou d’un personnage important de la noblesse qui les a créés dans le cadre d’un projet personnel. Au fil du temps, la plupart de ces parcs et jardins sont devenus publics et ont ouvert leurs portes aux visites. Aujourd’hui, la plupart d’entre eux accueillent des activités éducatives et musicales (concerts et festivals) et constituent des sources d’inspiration pour la création d’autres jardins.

Ils font office de pôle d’attraction et de génération d’activités touristiques pour les régions où ils se trouvent et, dans le contexte actuel, ils constituent une option de loisirs nature et culture totalement sûre dans la mesure où ils peuvent être appréciés en plein air et sans agglomérations.

Projets de conservation communs

Parmi les principaux objectifs de l’association figurent le partage et le développement de projets de recherche et d’innovation communs susceptibles de générer un patrimoine de connaissances global. En ce sens, force est de mentionner les projets promus par les propres jardins, comme par exemple Olmos Life, dans le cadre duquel la ville d’Aranjuez (Espagne) est en train de planter 3.000 ormes vaccinés contre la graphiose ; une expérimentation qui permettra par la suite de les exporter vers d’autres parcs européens.

Les projets les plus notables sont ceux promus par l’association ou par ses jardins membres en collaboration avec l’association et qui sont de nature transnationale. Dans ce groupe, il convient de souligner le projet Citri et Aurea, développé grâce à la collaboration entre les Jardins historiques de Boboli à Florence et les Jardins du Musée du Palais du Roi Jan III de Wilanów, dans le domaine des collections historiques d’agrumes. An autre exemple celui qui est actuellement mené entre 11 jardins membres en vue d’analyser l’impact actuel et futur de l’épidémie de COVID-19 sur la conservation des jardins et des monuments qu’ils hébergent d’une part, et d’analyser les défis à relever concernant la gestion de ces espaces, d’autre part.

L’Itinéraire des Jardins Historiques est un «Itinéraire Culturel du Conseil de l’Europe» depuis le 28 octobre 2020.

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